Les prémices de la technique parachutiste

Le premier saut en parachute de l’histoire est effectué par le français André-Jacques Garnerin (1769-1823), après s’être décroché d’un ballon à hydrogène qui soutenait la nacelle dans laquelle il avait pris place le 22 octobre 1797 à Paris.

Durant la Première Guerre mondiale, la perte de nombreux pilotes et observateurs en ballon pousse les militaires à s’intéresser à la technique et à mettre au point un parachute afin de permettre aux aérostiers de s’échapper en cas d’attaque. De nombreux aérostiers français, obligés de sauter de leur ballon d’observation en perdition, durent la vie à un parachute, contrairement aux pilotes qui ne furent équipés de ce moyen de sauvetage que tardivement.

 

 

 

Les précurseurs et la Seconde Guerre mondiale

Tenue d’aviateur du 601e Groupement d’Infanterie de l’Air

Les soviétiques sont les premiers au cours des années 30 à former des unités combattantes utilisant le parachute pour aller au combat. En 1935, trois officiers français rejoignent l’Union soviétique pour apprendre l’art du saut en parachute : les capitaine Geille et Durieux de l’armée de l’air, et le commandant Pechaud Chalret du Rieu de l’armée de terre.

Une fois breveté et rentré en France, le capitaine Geille prend la charge de la formation des premières unités parachutistes expérimentales de l’infanterie de l’air. Il travaille à la création du centre d’instruction de parachutisme de l’armée de l’air à Avignon-Pujaut. Mais il faut attendre 1936 pour la création de deux groupes d’Infanterie de l’air. Le scepticisme des armées de terre et de l’air font que ces unités ne seront utilisées que pour des missions secondaires.

L’efficacité des opérations aéroportées allemandes au début de la Seconde Guerre mondiale va faire prendre conscience aux alliés qu’ils ne peuvent plus négliger cette forme de combat. Seront rapidement mises sur pieds des unités parachutistes anglaises et américaines au sein desquelles les parachutistes français seront présents. Ils prendront ensuite place au sein des Forces Françaises Libres ou au sein des Armées d’Afrique.

En septembre 1940 est créée en Angleterre par le capitaine Bergé la 1ère compagnie d’infanterie de l’air. Le succès de leurs opérations donne l’idée au commandement des FFL d’utiliser les parachutistes au Bureau Central de Renseignement et d’Action (BCRA). Le reste de la compagnie rejoint le Moyen Orient et le Special Air Service (SAS) du Major Stirling. Le Peloton Parachutiste du Levant devient le French Squadron SAS. A côté des SAS, la création du 1er Régiment de Chasseurs parachutistes marque la renaissance des parachutistes de l’armée d’Afrique.

De son côté, le Bataillon de Choc reçoit une formation parachutiste américaine et une formation amphibie anglaise. Les volontaires de toutes armes et de toutes armées qui le composent seront toujours aux avant-postes de la 1ère Armée française.

Deux unités au recrutement très particulier font aussi leur apparition : d’un côté, le groupe des commandos d’Afrique, formé autour d’un noyau de gaullistes d’Afrique du Nord ; de l’autre côté, le groupe des commandos de France du capitaine d’Astier de la Vigerie formé d’évadés de France. Elles seront dissoutes à la fin de la guerre.

 

 

La Guerre d’Indochine

Cette diversité des troupes aéroportées représente une très grande richesse d’expérience et d’apports étrangers à la culture militaire nationale. Le synthèse originale de toutes ces unités se fera en Indochine. En effet, la guerre d’Indochine va permettre la montée en puissance et la structuration des troupes aéroportées. Formée à partir des cadres et des engagés du Bataillon de Choc et des Bataillons du 1er RCP, la demi-brigade de marche parachutiste est sur place en 1947. En France, le colonel Massu crée en Bretagne une brigade de Parachutistes coloniaux selon les structures SAS. Les autres formations parachutistes de Métropole et d’Afrique du Nord fournissent des bataillons de marche (1er RCP) et des Groupements de marche (35e Artillerie ou 17e Génie). Elles représentent un immense brassage d’hommes et de savoir-faire. En 1950 à l’arrivée du général de Lattre, les troupes aéroportées d’Indochine sont une force d’environ 11 000 hommes.

 

Saut du 3e Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes en août 1952

 

La Guerre d’Algérie

En rentrant d’Indochine à la fin de l’année 1954, les parachutistes trouvent l’Algérie menacée par une rébellion armée. L’aura des paras attire les jeunes et les 10ème et 25ème Divisions Parachutistes seront constituées à 90 % d’appelés.

Le pion de manœuvre des parachutistes qu’était le Détachement d’intervention d’hélicoptères permettait de poser simultanément 70 ou 80 hommes. Spécialistes de ce genre d’interventions particulièrement musclées, les « commandos de l’air » parachutistes étaient en alerte permanente sur les bases d’hélicoptères pour les divers besoins. Création des parachutistes, les « commandos de chasse » vivaient dans la nature, parfois pendant de longues semaines, épiant les rebelles, minant leurs itinéraires, leur tendant des embuscades, dirigeant sur eux les feux de l’artillerie, de la chasse ou les interventions des DIH.
Cette remarquable adaptation à la contre guérilla, urbaine ou dans le Djebel, n’empêcha pas les parachutistes de rester capables de mener des opérations aéroportées classiques comme le saut sur Port Fouad en Egypte ou encore le saut sur Bizerte en Tunisie.

Scène de la guerre d’Algérie

De la guerre d’Algérie à aujourd’hui

Les troupes parachutistes ont créé leur légende, sur les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale puis sur les théâtres d’opérations d’Indochine et d’Algérie. Leur histoire ne s’arrête pas là car depuis 1962, date officielle de la fin des opérations de guerre en Algérie, les parachutistes ont été et sont encore présents sur tous les fronts : intervention au Zaïre (1978), en Centre Afrique (1979), au Liban (19778-1992), durant la guerre du Golfe (1991), durant la guerre des Balkans, etc.

A ce jour, les parachutistes continuent à être présents partout où les envoie le gouvernement français, qu’il s’agisse d’unités constituées pour des opérations de maintien de la paix, ou de missions opérationnelles dans le cadre des accords internationaux ou bilatéraux. On les trouve dans les trois armées et dans la gendarmerie, capables de remplir des missions classiques (11e Brigade parachutiste), antiterroristes (GIGN, groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) ou relevant des opérations spéciales (COS, Commandement des Opérations Spéciales).